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1976, l’année des coccinelles

Ecologie


Coucou me voilou ! Je suis un petit frelon ! Mais je suis un frelon local !

Coucou me voilou ! Je suis un petit frelon ! Mais je suis un frelon local !

1976 : l ‘année des coccinelles.

Des patientes enceintes cette année là s’en souviennent : dans certaines régions, elles sont obligées de couvrir les landaus avec de la tulle de mariée pour protéger leur bébé des coccinelles.


Coccinelles, larves et adultes . Cette année là les bêtes à bon dieu furent maudites. De gentilles bestioles mangeuses de pucerons, elles furent rétrogradées au niveau de coléoptères insupportables genre doryphore.

Coccinelles. Cette année là les bêtes à bon dieu furent maudites. De gentilles bestioles mangeuses de pucerons, elles furent rétrogradées au niveau de coléoptères insupportables genre doryphore.

1976

Année la plus chaude du XX ième siècle, premier choc climatique, 1976 a vu la découverte de trois pathogènes majeurs.

Le virus Ebola dans l’ex Zaïre, République démocratique du Congo.

La Legionella : au cours d’un congrès d’anciens légionnaires, la climatisation défaillante produit un aérosol contaminé qui tue une trentaine de congressistes.

Le Cryptosporidium est découvert dans les selles aqueuses d’un enfant de trois ans, en bonne santé.  Inconnu de tous, même à notre époque, c’est un parasite ennuyant au succès grandissant, avec la Cyclospora, car résistant aux procédés simples d’assainissement de l’eau de boisson.


Attention aux baignades de fin d’été dans les eaux douces et stagnantes : de vrais bouillons de culture ! Une petite douche après le bain ?

Attention aux baignades de fin d’été dans les eaux douces et stagnantes : de vrais bouillons de culture ! Une petite douche après le bain ?

2003 l’année des civettes

Le début de cette année commence mal en Chine. Une flambée d’un virus nouveau venu échappe aux médecins Chinois. Un coronavirus, agent du SRAS, est à l’origine d’une épidémie de quelques mois, première épidémie féroce du XXI ième siècle. On le retrouve dans les civettes, consommées en Chine, vendues dans des marchés à animaux vivants, où règne une hygiène douteuse, ainsi que dans les élevages d’ailleurs. Plus tard, on démontrera que ce virus circulait depuis longtemps, silencieusement, chez les chauve souris.

L’été 2003 connaîtra ensuite le  deuxième choc climatique, d’une grande violence. 15 000 personnes âgées n’y survivent pas dans notre pays. Cinq millions de volailles meurent. On remet en service vite fait quatre centrales au charbon pour faire face à l’augmentation de la consommation électrique, dans notre pays pourtant très peu climatisé à cette époque. L’Italie connaît une panne de courant généralisée. Le plus impressionnant : la production agricole baisse de 30 %. C’est aussi l’année des Scolytes : ces insectes prolifèrent sous l’écorce des arbres stressés par la chaleur;  il faut dire aussi qu’ils avaient été aussi bien secoués par la tempête de 1999.

2019 l’année des criquets


Une drôle de couleur, pour un criquet, souvenir de Laurent.

Une drôle de couleur, pour un criquet, souvenir de Laurent.

Deci delà en France se forment des petites nuées de criquets, insectes pourtant déjà victimes majeures de nos pratiques agricoles. En Sardaigne et en Italie, les dégâts sont importants, d’autant qu’une punaise,  autre indésirée, s’invite au même moment. A Las Végas les habitants sont surpris des nuages d’insectes qui envahissent la ville. La huitième plaie d’Egypte déferle sur nos pays ! La canicule est aussi intense que brève. Des végétaux grillent littéralement sous le soleil, phénomène inédit dans nos contrées. Les températures sahariennes nous surprennent moins qu’en 2003 ; une certaine expérience des grandes chaleurs a été engrangée.


Punaise très belle, locale, et ce n’est pas celle qui dévaste les récoltes ; c’est une punaise asiatique, très ressemblante, qui a débarqué chez nous en 2012.

Punaise très belle, locale, et ce n’est pas celle qui dévaste les récoltes ; c’est une punaise asiatique, très ressemblante, qui a débarqué chez nous en 2012.

POST SCRIPTUM CRYPTIQUE : LE CRYPTOSPORIDIUM

 Ce monocellulaire, un protozoaire, est une coccidie de petite taille, 5 à 8 microns.

La cryptosporidiose se classe donc à côté des amoebose, giardiose, cystoisosporose (Cytoisospora belli, ex Isospora belli) et cyclosporose (Cyclospora cayetanensis).

Les micosporidies, Enterocytozoon et autres Encephalitozoons, sont classées maintenant chez les champignons.

Le Cryptosporidium est un pathogène d’origine hydrique dans le plus grand nombre de cas, très résistant dans l’environnement. Cinq espèces nous sont nuisibles, mais la majorité des cas sont dus à C. hominis, propre aux hommes, et surtout l’ubiquiste C. parvum, parasite non spécifique. Les animaux, porcins, ovins, caprins, et surtout bovins, peuvent être contaminés de manière massive. Seul un traitement complexe de l’eau (filtration plus TTT UV, ozonisation) est efficace, une simple chloration a un effet quasi nul. Notre nouvelle usine Nantaise de traitement de l’eau, à Malakoff, est compétente. Mais aux Etats-Unis, en 1993, on a vu une  belle éclosion, 400 000 cas,  à 100 millions de dollars comme disent nos amis américains. Les médecins outre atlantique considèrent qu’ils sont à l’origine de 7 % des diarrhées banales chez l’enfant.

En France, c’est sans doute moins, mais on ne sait pas vraiment, on détecte  un pic en été dans les relevés du réseau Anofel Cryptosporidium .

Lors de l’épidémie de sida, dans les années 1985, les services de parasitologie avaient appris à le diagnostiquer : après concentration, coloration de Ziehl-Neelsen modifiée. Les oocystes apparaissent rose fuchsia sur fond bleu-vert. Très joli.

On dispose maintenant d’une PCR, accessible dans les panels gastro-intestinaux. Pas de sérologie en usage diagnostic.

Si chez l’enfant, cette diarrhée aqueuse de dix, quinze jours n’est jamais grave, et traitée de manière purement symptomatique, l’immunodépression peut entrainer une chronicité,  entrainant  une cachexie, et parfois le décès. Dans les pays développés, le Cryptosporidium  est à l’origine de 14 % des cas de diarrhées chroniques chez les malades du sida, mais dans les pays en développement ce taux peut aller jusqu’à 60 % des cas. C’est une diarrhée cholériforme, jusqu’à dix litres par jour…

Le traitement est difficile, nitazoxanide, rifaximine, mais aucun n’a, pour l’instant, fait vraiment ses preuves. Le traitement antirétroviral suffit en général pour faire disparaître le parasite, par restauration de l’immunité. Dans nos pays, les diagnostics les plus fréquents sont maintenant posés chez les greffés –rénaux, de moelle…-, les hémopathies, les chimios… Avec un sous diagnostic probable pour les diarrhées de ville. Les cas après baignade ne sont pas rares. Les personnes sévèrement immunodéprimées doivent utiliser de l’eau en bouteille, ou faire bouillir l’eau, dont la qualité dépend de l’usine de traitement, et de l’état du réseau.


L’eau de la Loire a atteint cette année les trente degrés par endroits

L’eau de la Loire a atteint cette année les trente degrés par endroits